Dans le stade d’Amsterdam y a des marathoniens qui sprintent

Le marathon d’Amsterdam a la réputation d’être un marathon très roulant, propice à la performance. L’édition 2012 l’a confirmée puisque le kenyan Wilson Chebet s’est imposé en 2h05’41 établissant au passage un nouveau record de l’épreuve. Chez les femmes le record est également tombé, l’éthiopienne Meseret Hailu a placé la nouvelle référence à 2h21’09, Si ce marathon est rapide, le Mizuno halve marathon, dans la langue de Van Gogh, empruntant une partie du tracé de son grand frère et auquel j’ai participé l’est tout autant. Casé dans mon calendrier de courses entre les 20 kilomètres de Paris et le semi-marathon de Vincennes, à la dernière minute ou presque, je suis néanmoins parvenu à y faire bonne figure.

Le marathon d’Amsterdam est le marathon phare aux Pays-bas, l’équivalent de notre marathon de Paris, toutes proportions gardées. Le même jour sont organisées quatre courses différentes auxquelles sont inscrits pas loin de 30.000 coureurs (en 2012 le marathon a compté un peu plus de 10.000 finishers et le semi-marathon pas loin de 13.000). En plus du semi-marathon et du marathon, une course de huit kilomètres et un « olympic kids run » d’un kilomètre sont également au programme. Le stade olympique d’Amsterdam (la capitale des Pays bas a accueilli les jeux olympiques d’été en 1928) en périphérie immédiate de la ville fait office de site de départ et d’arrivée. Une grande halle sportive attenante abrite une marathon expo relativement modeste quand on connaît celle d’un gros marathon comme celui de Paris. C’est à l’occasion de cette marathon expo que la firme japonaise Mizuno a choisi de lancer aux Pays-bas la nouvelle mouture de l’un de ses produits phare en matière de running, la wave rider, 16ème du nom, qui arrivera en France à la fin du mois prochain. Je reviendrai plus tard sur cette chaussure qui a donc été au coeur du week-end que j’ai passé à Amsterdam dans le cadre d’un voyage de presse auquel quelques blogueurs (Djailla, Greg Runner and myself) étaient invités.

La course

Le mois d’octobre 2012 qui se termine restera dans ma mémoire comme un mois riche en souvenirs concernant la course à pied. En l’espace de trois semaines j’aurai enchaîné les 20 kilomètres de Paris et deux semi-marathons. Au début du mois je comptais bien profiter de l’une de ces courses, peu importait laquelle, pour réaliser une très bonne performance (à mon niveau). Après avoir couru les 20 kilomètres de Paris en 1h20′, j’ai estimé que c’était le cas. J’envisageais donc, au moment de partir pour Amsterdam, ce premier semi-marathon comme une belle balade touristique. Et je décidais que je courrais celui de Vincennes, avec mon ami Salvio qui prépare un nouveau marathon, en mode sortie longue mais tout de même soutenue. Profitant de ma forme actuelle j’estimais que 1h30′ à 1h35′ serait nécessaire pour boucler ladite balade touristique en compagnie de Greg, toujours en phase de récupération post marathon mais aussi toujours prompt à galoper aisément à bonne allure.

Un marathonien au 36ème kilomètre

Le départ du semi-marathon est prévu à l’horaire atypique de 13h30, pour laisser le temps aux marathoniens (mais pas à tous…) d’en finir avec leur 42.195 kilomètres. Le passage de la course au 36ème kilomètre (15ème du semi-marathon) au pied de l’hôtel me permet d’aller encourager sur le coup de 11 heures, les coureurs qui en ont bien besoin à ce moment de la course. Je suis toujours très ému par ce spectacle impressionnant de visages concentrés, souvent défaits, parfois marqués par la détresse. Je crie quelques encouragements et distribue de nombreux applaudissements que je sais précieux quand ils vous sont destinés. Puis il est enfin temps de nous rendre au stade olympique. La météo est maussade pour les touristes, quasi idéale pour les coureurs même si le vent est parfois gênant. Il y a beaucoup de monde mais nous rejoignons sans trop de mal le sas blanc qui nous a été affecté en ignorant ce qu’il signifie. A ce moment là je suis impatient de connaître l’état des jambes de mon compère du jour, fébrile depuis la veille et qui n’a pas passé une bonne nuit. J’aimerais qu’on fasse la course à deux le plus longtemps possible. Nous nous élançons enfin à 13h35, affublés pour l’occasion des couleurs jaune vif de Mizuno pour une balade dans les faubourgs d’Amsterdam puisqu’à aucun moment le parcours n’emprunte le centre de la ville très fréquenté et trop exigu pour un peloton de milliers de coureurs.

Dans les rues d’Amsterdam

D’emblée l’allure est plus qu’honnête et malgré la pause technique de mon compère nous parcourons les quatre premiers kilomètres à une allure qui nous permettrait de terminer en 1h31′ environ. Dès le début du 5ème kilomètre intervient l’un des très rares faux plats montants du parcours. Il s’agit d’enjamber un axe autoroutier. J’ai des fourmis dans les jambes tandis que Greg n’est définitivement pas dans un bon jour. Il me dit de faire comme je le sens. J’augmente alors sensiblement mon allure au moment de pénétrer dans l’Amstel Business Park, sorte de zone industrialo-artisanale sans intérêt sur ce parcours toujours aussi roulant. Je m’approche de mon « allure semi-marathon » que je soutiens durant une petite dizaine de kilomètres.

Au moment de virer à gauche pour revenir dans des zones plus hospitalières et se rapprocher des quartiers les plus vivants d’Amsterdam je suis éberlué de voir que sur le bord de la route la population a sorti des tables et improvise des ravitaillements sauvages. Les enfants semblent ravis de tendre des gobelets aux coureurs. Je ne ressens pas le besoin de m’hydrater à ce moment là mais je m’approche quand même du bord de la chaussée pour taper dans les mains tendues des enfants qui adorent particulièrement ce jeu.

Une arrivée au sprint dans le stade d’Amsterdam

Nous arrivons au kilomètre 15, là même ou plus tôt dans la matinée je suis venu encourager les marathoniens. Il reste six kilomètres et je suis victime d’un léger coup de mou. J’ai oublié mes gels à la consigne, je devrai faire sans. J’ai perdu une dizaine de secondes au kilomètre. Je décide de ne pas en faire trop et stabilise ma vitesse autour de 14km/h. Je ratrappe un coureur qui porte un maillot orange fluo avec dans son dos l’inscription « Follow me, I’m going to the red light district« . La proposition pourrait paraître intéressante mais de peur de le décevoir je n’ose lui dire qu’il n’est pas (plus) sur le bon chemin. La traversée de Vondelpark que j’attendais avec impatience intervient entre le 17ème et le 19ème kilomètre. Ce grand parc où j’ai de bons souvenirs de balades à vélo et qui rappelle Central Park à certains est bondé de spectateurs. A sa sortie il reste moins de deux kilomètres à parcourir avant de pénétrer sur la piste du stade olympique pour un semblant de sprint. J’essaie de profiter au maximum de ces derniers moments de ma première course loin de chez moi. Je termine en moins d’1h29′, à plusieurs minutes de mon record que je n’avais pas l’intention d’approcher.

Greg arrive quelques minutes derrière moi faisant preuve d’une belle régularité malgré sa pause supplémentaire pour rendre le petit-déjeuner du matin. A chaud  cette deuxième sortie avec la Rider 16 confirme ma première impression. Le drop et l’amorti restent équivalents aux anciennes versions (J’ai couru le semi-marathon de Paris en 2010 avec la Rider 14 dans un temps final similaire) mais la cure d’amaigrissement qu’elle a subie et les autres nouveautés technologiques implémentées, sur lesquelles je reviendrai, ont amélioré son dynamisme général.

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21 réflexions sur “Dans le stade d’Amsterdam y a des marathoniens qui sprintent

  1. Bravo pour ta course. J’y étais aussi et j’ai couru le marathon.
    Je dois avouer que j’ai trouvé l’organisation particulièrement mauvaise pour un marathon de cette importance.
    Problèmes:
    i) Accès au stade de départ et manque de trains / métros
    ii) Flux de coureurs essayant de rentrer dans le stade au dernier moment et ratant le départ
    iii) Rues et sortie du stade beaucoup trop étroites pour permettre de la fluidité à la course créant de nombreux bouchons dans les 5 premiers kilomètres
    iv) Pauvreté des ‘goodies’ lors du retrait du dossard et manque de vraie couverture de survie à la fin. Je me caillais avec un vent glacial et les 11°C.

    Coté positif, une fois les bouchons négociés, le parcours est roulant mais assez exposé au vent le long du canal.
    Bref, en gros, peut mieux faire à mon avis !!

    1. D’accord avec toi pour le métro et l’absence de petits cadeaux des sponsors de la course. Le semi ne partait pas dans le stade, je n’ai pas pu vérifier ce que tu racontes. Et ta course ? Tu vas écrire qque chose ?

        1. C’est marrant tu as fait le « chassé croisé » avec philippe vogel un journaliste français que j’ai rencontré là bas et qui a couru en 2h52’xx !

  2. Joli récit et chouette balade que tu partages là.
    Cela doit faire du bien de profiter d’une grande course sans trop se donner.
    (je ne parle pas du chrono ‘facile sour les 1h30′. Tout est relatif ;)

    Et Greg, il a trop forcé sur le ravito ?

    1. Zéro stress avant le départ, pinot noir et cuisine gastronomique la veille au soir. 100% plaisir :) Le pauvre Greg était déjà pas bien au départ de Paris.

  3. j’avais loupé ce récit. c’est Lucile qui m’en a parlé. Bien chouette, ce footing Hollandais ! J’ai pensé venir mais un peu trop proche de la Gapen’Cimes

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