Ice trail 2012 : des bosses, de la boue, de la bonne humeur

Je n’irai pas par quatre sentiers. Je n’avais jamais vu autant de boue. De toute ma vie ! Ce dimanche, au départ de mon premier trail je n’en mène pas très large. Mais dans l’optique de l’éco trail qui pointe déjà le bout de ses 80 kilomètres, j’avais sauté sur l’occasion de me rôder sur la discipline en prenant un dossard pour cet ice trail qui annonçait 30 kilomètres et 800 mètres de dénivelé positif très intimidants pour un novice.

Heureusement, et de façon traditionnelle depuis maintenant plus d’un an, les retrouvailles avec les amis de la runnosphère au départ des courses se révèlent comme le parfait moyen de chasser tout ce mauvais stress en partageant des moments précieux d’avant compétition. Forcément, qui dit dossard, dit compétition, chronomètre, classement. Mais je reste avant tout mon propre adversaire et je crois être en mesure d’affirmer que chacun ressent peu ou prou les choses de la sorte. Et comme à l’accoutumée, ce matin là, avec Sébastien, Nicolas et Florent, la bonne ambiance règne.

Le succès grandissant et la notoriété méritée de cette course ont fini par rendre la zone de départ un peu étroite et la gestion du flux de véhicules très délicate. Le départ prévu à 9 heures est annoncé avec 15 bonnes minutes de retard. Par chance, la température extérieure est exceptionnellement clémente pour un 22 janvier même si un léger vent nous refroidit un peu dans l’aire de départ.

J’ai choisi de partir « léger ». J’emmène avec moi ma ceinture Raidlight, celle que j’ai utilisé pour mon dernier marathon en me disant que je n’ai pas besoin de plus d’autonomie sur ce trail. Au final, je me suis d’ailleurs très peu alimenté sur ces 31 kilomètres, incapable de trouver les moments propices à l’ingestion de liquides et/ou solides.

Le départ intervient sans même que nous nous en rendions compte. Il est donné face au château de Franconville. La balade peut commencer. J’estime qu’elle va durer aux alentours de 3 heures. La mise en route est facilitée par le profil descendant sur 3 kilomètres environ, avalés à un bon 12km/h. Je lance un joyeux « tout ce qu’on descend, va falloir le remonter c’est ça ? » à mes compagnons de course. Je ne pensais pas si bien dire… C’est à la faveur d’un virage à droite que le peloton découvre les premières boues… Les choses sérieuses, sous forme de montagnes russes du val d’Oise, vont pouvoir commencer.

De la boue et des bosses

C’est alors qu’une chose totalement inouïe va se produire. La pente s’accentue, les sentiers se rétrécissent, le peloton n’est pas encore totalement étiré. Je dois me rendre à l’évidence, je vais devoir marcher ! Nouvelle découverte in situ, le trailer doit apprendre à marcher. Oh bien sûr je le savais, mais l’expérience est tellement nouvelle. C’est à ce moment là, alors que 7 kilomètres ont été parcourus que chacun adopte le rythme qui lui convient pour rallier l’arrivée dans les meilleures conditions. Je ne reverrai mes compagnons de course qu’une fois la ligne franchie.

Je profite d’une portion globalement descendante entre les kilomètres 8 et 13 pour envoyer un peu. Les jambes répondent bien, je me sens même presque à l’aise dans les passages ultra glissants (doux euphémisme). Le frein à main s’est débloqué depuis la sortie d’entrainement du dimanche précédent. Je ne m’attendais pas à me faire plaisir si vite, même si je râle après ces intempestives torsions de cheville que je rattrape bien, frôlant de près l’entorse à quelques reprises. A mi-parcours j’ai l’impression d’avoir « des crampes dans les chevilles » (sic) L’effet ventouse de la boue sous mes semelles commence à faire son effet. J’ai l’impression de consommer deux fois plus d’énergie que lors de mes foulées sur le bitume. C’est toute la musculature des jambes qui semble est hyper sollicitée !

Le ravitaillement promis intervient après le 20ème kilomètre. Certains des coureurs avec lesquels j’évolue à ce moment là trouvent ça un peu tardif. Je ne m’y attarde pas, 30 secondes tout au plus, le temps d’absorber un gobelet de coca cola et de repartir avec une tranche de pain d’épices en mains. Je suis dans une bonne dynamique de course et souhaite en profiter au mieux. Le profil globalement descendant mais haché par d’abruptes montées sur les 7 kilomètres suivants s’avère particulièrement plaisant. Il convient d’être prudent. Avec une lucidité en baisse, et la fatigue confortablement installée, les glissades deviennent moins contrôlables et contrôlées. Mais ça passe, et mes relances sur les rares portions de plat sont plus que correctes, même après 25 kilomètres de course. Je remonte d’ailleurs au train plusieurs coureurs sans doute partis un peu vite.

A 4 kilomètres de l’arrivée, alors que je commence à envisager de savourer le final de mon premier trail, c’est quand je reconnais le parcours emprunté au départ que je comprends que les choses ne seront pas si aisées. Je me remémore ma boutade énoncée à la cantonade 2 heures plus tôt ! C’est ainsi que les 29ème et 30ème kilomètres s’effectuent dans la douleur à 10 km/h tandis que je réussis à réunir mes dernières forces pour relancer dans le 31ème et finir « vite ». Je viens de terminer ma première épreuve de trail. Aucune émotion intense telle que celle que j’ai pu ressentir aux arrivées des 2 marathons que j’ai couru, mais une belle satisfaction. Fatigué par la concentration extrême qu’il a fallu mobiliser sur ce parcours boueux, je ne suis cependant pas exténué. Les autres représentants de la runnosphère franchissent chacun à leur tour une ligne d’arrivée bien méritée. Je peux lire sur leur visage la même satisfaction que j’ai ressentie quelques minutes plus tôt.

Le dépouillement des données Garmin se résume ainsi : 31,2 km, 627 D+, 2h52′.


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21 réflexions sur “Ice trail 2012 : des bosses, de la boue, de la bonne humeur

  1. Déjà le CR, bravo! Les délais de publication sont à la hauteur de tes chronos ;-) Beau chrono, félicitations!!!
    Ton CR rend justice à la course, dure avec cette colle permanente sous les semelles… Perso cela m’a saoulé!
    T’es sur de ton 12km/h du début? Je vous ai décroché alors que ma Garmin affichait 4:20-4:40/km… Bonne récup’!

    1. Merci. J’ai toujours ce réflexe de vouloir vite accoucher d’un article à chaud, peut être au détriment de certaines infos qui mériteraient un peu de recul…

      Effectivement, Le km2 est en 4’28 » et le km3 en 4’43 ». Mais le 1er kilo en 5’27 ». J’ai fait une moyenne approximative :)

  2. belle première fois !
    Finalement toujours aussi rapide quelque soit le terrain…
    Je ne pense pas que l’éco trail sera aussi boueux (en dehors de finir sur le goudron) et c’est une bonne expérience qui tu viens de prendre.
    Reste à apprendre à ralentir encore un peu ;)

  3. Tu as bien passé au travers de cette épreuve de trail. Je trouve que tu as maintenu un excellent pace dans ces conditions boueuses. Bravo !

  4. Ha, la boue de l’Ice Trail ! On peut dit qu’elle commence à être connue en Ile de France, et c’est bien méritée ! L’orga et les parcours sont au top (à par un retard de l’horaire de départ récurrent), conseillé à tout le monde !
    Bravo pour ta belle course et pour ce CR. :)

  5. Merci les gars ! @eponyme je suis bien d’accord, je l’ai pas évoquée mais je n’ai noté aucune fausse note au niveau de l’organisation. J’ai pas l’habitude de ce genre de course mais j’ai le sentiment que celle là mérite largement d’être essayée :)

  6. Belle performance et joli compte rendu qui renforce mon envie de me mettre également au trail. D’ailleurs j’ai acheté ma première paire ce week-end. Encore bravo.

    1. Merci ! À un moment j’ai presque cru avoir mis un pied dans la zone ;)
      Avec Nicolas on ira vérifier dès dimanche aux foulées du 8eme dans quelle mesure on peut profiter des bienfaits de notre bain de boue !

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