Les dieux du stade

Dimanche matin, moins de quarante huit heures après que les stars de l’athlétisme mondial en aient terminé avec le meeting Areva, pas moins de 2000 crazy joggers ont pris possession du stade de France pour s’adonner à une course de 7 kilomètres parsemée de quelques obstacles plus ou moins ludiques. Des coursives souterraines au sommet des tribunes en passant par les couloirs des vestiaires, j’ai eu la chance avec mes amis de la runnosphère de passer quelques heures en plein cœur de cette enceinte mythique pour le sport français. 

Après un finish au début du mois de mai dans un hippodrome puis un autre à la mi juin dans un vélodrome, j’avais rêvé pour juillet, dans un élan de folie des grandeurs, d’une arrivée sur la piste du stade de France. Il faut croire que les divinités suprêmes de la course à pied m’ont entendu ! La crazy jog, première du nom, allait me donner une occasion en or de boucler ce tryptique d’arrivées peu communes.

Assez rapidement et très logiquement, l’idée de constituer une équipe à nos couleurs, celles de la runnosphère, germe dans les esprits. Nicolas se charge de monter le dossier et rassemble les brebis égarées qui s’étaient lancées dans une inscription individuelle. Quelques formalités plus tard l’affaire est entendue. Nous serions cinq au départ de cette course ce 10 juillet 2011.

L’objectif avoué n’est pas sportif. Nous avons plutôt l’intention de vivre et de partager ce moment de communion. Et quand la messe se déroule au stade de France, qu’on aperçoit l’apôtre Dominique Chauvelier venu prendre part à la fête, il n’est plus question de ne pas pleinement vivre l’austie. Euh… l’instant.

Qui dit pas d’objectif sportif dit pas de préparation particulière. C’est ainsi que je me réveille au matin de la course, après quelques heures de sommeil et le crâne douloureux, bien incapable d’avaler quoi que ce soit. En finissant de me réveiller, je prends le chemin du stade le ventre vide en compagnie de Bastien qui lui non plus ne s’est pas couché avec les poules (!) Il faut à peine un quart d’heure pour arriver sur les lieux et constater dans un bref instant d’effroi que la foule se presse à l’étroite grille d’une entrée du stade à moins d’une heure du départ de la course. Tout rentre rapidement dans l’ordre, nous retrouvons le reste de l’équipe, épinglons les dossards et, impatients, descendons sur la piste. Je sais qu’elle est neuve et conçue pour faire tomber les records. Mon premier réflexe est de me baisser pour la toucher. Je la trouve étonnamment dure et complètement différente des tartans de nos stades municipaux. Elle est sûrement hyper dynamique mais sans doute assez exigeante pour les organismes. Nous nous regroupons ensuite sur la pelouse. Les tribunes sont évidemment vides et les imaginer combles l’espace d’un instant est aussi effrayant qu’excitant.

Fin prêts

Un speaker donne les dernières consignes et invite les coureurs à rejoindre leurs sas de départ. Jusqu’ici tout va bien. L’organisation espère vraisemblablement qu’il en sera de même pour la course proprement dite et que les accidents seront évités. Le départ est donné par vagues. Nous avons la chance de faire partie de la première, ce qui nous évite une interminable attente debout dans notre sas. Ce système s’avérera particulièrement efficace et le parcours totalement fluide.

Dès les premiers mètres, Bastien et Sébastien partent comme des fous, suivis de près par Nicolas. Je suis légèrement en retrait avec Arnauld. (Je précise au passage qu’Arnauld a fait le choix audacieux de courir avec ses Vibram Five Fingers qui attirent de nombreux regards curieux des autres coureurs. Il sera même interpellé de nombreuses fois au cours de la matinée). Je me dis qu’une fois l’hystérie du départ digérée, nous nous regrouperons pour franchir les premiers obstacles ensemble. Après une ligne droite de stade, nous pénétrons dans les entrailles de l’édifice. L’allure ne semble pas vouloir faiblir devant et rapidement Arnauld me fait signe qu’il va gérer à son rythme. Je rejoins donc les autres à l’approche du premier obstacle situé dans cet impressionnant réseau de routes souterraines. Une simulation de chantier avec barrières de travaux et énormes tuyaux à franchir. Au deuxième kilomètre j’ai rejoint Nicolas devant, Bastien et Sébastien ne sont pas loin derrière. Le parcours rejoint l’extérieur, l’atmosphère est moins étouffante. Le container a été franchi sans encombres, les pneus et les poubelles savamment négociés. Les virages à 180 degrés permettent de mesurer l’écart qui se creuse doucement entre chacun et de s’adresser quelques mots.

Une ambulance bien mal garée !

Je suis encore en compagnie de Nicolas juste avant de sauter sur les capots des voitures. Constatant que chacun adopte le rythme qui lui convient le mieux, je décide d’accélérer un peu à l’approche du petit mur d’escalade dont je m’étais moqué en le découvrant avant la course. Par vengeance il décide de me couper le souffle lorsque je tente un franchissement rapide et finalement pas totalement efficace. Il faut ensuite le reprendre, son souffle, avant d’affronter la série d’escaliers qui mène tout en haut des tribunes. Je les emprunte à pied mais à ma main. Je suis amusé de constater que le tour de l’ellipse à effectuer au sommet du stade n’est pas plat mais constitué d’une légère montée puis d’une descente. S’ensuivent une descente d’un autre style, vertigineuse, dans un escalier qui manque de me donner le tournis, puis le couloir qui mène aux vestiaires avant de déboucher à l’air libre sur le stade pour un sprint effréné vers la ligne d’arrivée.

Au sprint

Je suis ravi de cette demi-heure d’effort d’un type que je ne pratique pas du tout en temps normal. Je rejoins vite la dernière ligne droite pour encourager mes coéquipiers qui débouchent un par un du tunnel final un grand sourire aux lèvres.

L’après course est conviviale et le buffet à l’arrivée conséquent. Un pillage en bonne et dûe forme par certains empêchera malheureusement que ce soit le cas pour les dernières vagues à rejoindre l’arrivée.

Les photographes de photorunning placés dans la dernière ligne droite m’interpellent. Ils m’ont reconnu. J’ai été leur premier client en décembre dernier lorsqu’ils ont lancé leur service à l’occasion de la corrida de Houilles. Très gentiment ils acceptent que nous simulions une arrivée collective et nous en offriront les photos.

La dream team

De mon point de vue l’organisation s’en sort bien. Je lui souhaite d’arriver à gommer les quelques défauts de jeunesse inhérents à l’organisation d’une telle épreuve et si l’occasion se présente à nouveau je viendrai volontiers participer à la seconde édition de cette crazy jog.

Quelques chiffres anecdotiques

Quelques chiffres anecdotiques

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17 réflexions sur “Les dieux du stade

  1. Salut tout le monde,

    Après le succès de l’édition 2011, la seconde édition de la Crazy Jog devrait réunir 4 000 amoureux du running, prêt à relever le challenge: 7km de course, accessible à tous, ponctués de 6 obstacles à la fois ludiques et inédits (mur, embouteillages, conteneurs…) pour courir, franchir, s’amuser et se créer de superbe souvenirs en individuel ou en team.

    Au lendemain du Meeting Areva, les participants auront ainsi l’opportunité de fouler cette superbe piste dans sa configuration athlétisme et découvrir toutes les facettes du Stade de France.
    Avantage extraordinaire pour tous les participants, les échauffements, les étirements et la remise des prix auront lieu, comme en 2011, sur la mythique pelouse du Stade de France.

    En Bref:

    – Le dimanche 8 juillet 2012, départ à 10h
    – Tee-shirt technique Kalenji offert à chaque coureur
    – 3 séances d’entraînements à la Crazy Jog 2012 offerts mi-mai et fin juin sur Paris
    – Échauffements et étirements proposés à tous les participants sur la pelouse du Stade de France
    – 6 obstacles répartis sur l’ensemble du parcours
    – Une épreuve à réaliser en individuel ou en team
    – Tarif individuel : 25 euros le dossard
    – Tarif équipe : 20 euros (5 participants minimum)

    Site internet: http://www.crazyjog.com

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